Le gouvernement veut redresser les comptes de la Sécu avec le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026. Objectif : retour à l’équilibre après des années de déficit. Bonne nouvelle ? Pas vraiment. Derrière les chiffres, on sent une reprise en main de la santé par l’administration — et une menace grandissante sur la liberté d’installation.
⚖️ Des comptes équilibrés… sur le dos du soin
Le texte prévoit un petit excédent en 2026, au prix d’un sérieux tour de vis.
👉 ONDAM gelé à 265,9 milliards.
👉 Nouvelles taxes sur les mutuelles et les ruptures conventionnelles.
👉 Moins d’exonérations pour les jeunes pros et les structures.
Bref, on serre la vis partout où ça soigne ou ça forme.
Et quand on bride le financement, c’est toujours la qualité du soin et la liberté des soignants qui trinquent.
🏢 Plus d’État, moins de terrain
Sous prétexte de « simplification », le PLFSS 2026 renforce le pouvoir des administrations centrales et des ARS.
Les structures locales (URSSAF, associations, opérateurs de terrain) sont absorbées ou mises sous tutelle.
Résultat : moins d’autonomie, plus de paperasse, plus de décisions venues d’en haut.
On ne parle plus de coordination des soins, mais de contrôle. Et quand tout est piloté depuis Paris, les réalités de terrain passent à la trappe.
🚨 Vers une régulation déguisée de l’installation ?
Le mot « coercition » n’apparaît pas, mais tout y ressemble.
Le PLFSS conditionne de plus en plus les aides et financements à des critères territoriaux.
En clair : tu veux t’installer ? Ce sera plus facile si tu vas là où on te dit d’aller.
C’est la régulation douce, la version 2.0 de l’installation sous contrainte.
Pas besoin d’une loi Garot bis, le budget s’en charge.
✊ Ce que fait le BIL (et comment tu peux aider)
Le Bureau des Internes de Lille reste mobilisé avec l’ISNI.
➡️ On dénonce toute tentative de restreindre la liberté d’installation.
➡️ On demande à ce que les jeunes médecins soient enfin associés aux décisions.
➡️ On t’invite à t’informer, partager et participer : réunions locales, interpellation de députés, relais sur les réseaux.
La liberté d’installation, ce n’est pas un caprice : c’est ce qui permet de choisir son projet de vie et de soin.
🗓️ Et maintenant ?
Le PLFSS est en discussion à l’Assemblée avant de filer au Sénat d’ici décembre.
S’il passe sans bouger, on se dirige vers une médecine de plus en plus administrée, où le budget dicte le soin.
À nous de faire du bruit, d’en parler et de refuser qu’on décide pour nous où et comment exercer.