1. Conclusion au 17/12/2025

À l’issue de la navette parlementaire, le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 a été rejeté par le Sénat, marquant une opposition politique nette à ses orientations budgétaires et structurelles. 

Conformément à la Constitution, le texte est alors revenu devant l’Assemblée nationale, seule compétente pour statuer définitivement. Le 16 décembre, l’Assemblée nationale a adopté le PLFSS 2026 sans modification du texte (247 voix pour et 232 contre, sans recourir à l’article 49.3 de la Constitution), clôturant ainsi la procédure législative malgré l’absence de consensus entre les deux chambres.

  1. Grandes lignes de la loi telle que adoptée

Le PLFSS 2026 marque une rupture : il repose moins sur la confiance dans le jugement médical que sur des mécanismes de contrainte, de contrôle et de sanction, faisant de ce texte le premier PLFSS clairement anti-médecin

Derrière ce texte des choix politiques qui impactent directement :

  • l’accès aux soins des patients,
  • l’organisation des services,
  • la liberté et la sécurité de l’exercice médical.

La liste des éléments problématiques : 

  • ONDAM insuffisant, en ville et à l’hôpital
⚠️ ALERTE – Soins de ville
Bien que l’ONDAM soins de ville affiche une hausse d’environ +3,2 %, la progression réellement disponible pour l’exercice médical est proche de 0,9 %. Cette contrainte budgétaire se traduit par une pression sur les prescriptions, une restriction indirecte de l’activité médicale et un risque accru de renoncement aux soins pour les patients.
⚠️ ALERTE – Établissements de santé
Malgré une hausse affichée de +2,8 %, l’ONDAM hospitalier est insuffisant face aux besoins réels. En pratique, les établissements évoluent sur une base proche de 0 %, exposant à une réduction indirecte de l’offre de soins, à des pressions sur les prescriptions et les durées de séjour, et à une dégradation des conditions de formation et de sécurité des soins.
  • Premières pierres à la diminution des ALD pour les patients
  • Encadrement administratif majoré avec le dispositif « France Santé », géré par l’Etat et les préfets
  • Non-remboursement des prescriptions des médecins non conventionnés (secteur 3), une sanction non légitime pour les patients
  • Modification ou suppression d’actes par l’Assurance maladie, de manière unilatérale
  • Révision globale des actes, avec dernier mot à l’Etat qui peut imposer des coupes drastiques
  • Limitation de la durée de prescription des arrêts de travail
  • Pénalités financières des établissements selon leur efficience/pertinence, avec une nouvelle pression financière directe susceptible d’influencer les décisions médicales
  • Sanction en cas de non utilisation du DMP